DIE BEIDEN HALSKETTEN

TEIL 1 — DER FALL UNTER DEM GLASDECK

Um zweiundzwanzig Minuten nach fünfzehn drang das Licht von Paris durch das große Glasdach des Einkaufszentrums Saint-Honoré und breitete sich wie blasses Wasser über die Marmorböden aus.

Der Ort wirkte weniger wie ein Einkaufszentrum und mehr wie ein moderner Palast.

Die Fenster der Luxusboutiquen glänzten unter sorgfältig betrachteter Beleuchtung. Taschen mit berühmten Namen wurden wie Kunstwerke ausgestellt. Kostümierte Verkäufer begrüßten die Kunden mit genau gemessenen Lächeln. In der Mitte des Atriums spiegelte ein niedriger Brunnen die Metallbalken des Glasdachs wider.

Touristen fotografierten die Dekorationen.

Paare hielten vor den Juweliergeschäften an.

Familien gingen mit ungeduldigen Kindern durch den Flur.

Das Geräusch von Absätzen, Gesprächen und Papiertüten bildete ein ununterbrochenes Murmeln.

Unter all diesen Leuten schlug Dany Moreau vor.

Sie war vierundzwanzig Jahre alt.

Sein weißer Umhang fiel ihm bis zu den Knien. Unter dem Mantel trug sie ein sehr schlichtes, dunkles Kleid. Ihr kastanienbraunes Haar war hinter dem Kopf gebunden. Ihr dünnes Gesicht zeigte eine Müdigkeit, die sie zu verbergen versuchte.

Sie ging mit zwei Krücken.

Jeder Schritt erforderte ständige Aufmerksamkeit.

Danys rechtes Bein trug noch die Spuren einer kürzlichen Operation. Unter seiner medizinischen Hose verlief eine lange Narbe vom Oberschenkel bis zum Knie.

Drei Monate zuvor hatte ein Auto sie auf einem Fußgängerüberstreifen überfahren.

Der Fahrer hatte nie angehalten.

Die Ärzte hatten ihr versichert, dass sie wieder normal laufen würde.

Aber sie konnten ihm nicht sagen, wann.

Dany hatte sich dieses Einkaufszentrum nicht ausgesucht, um herumzulaufen.

Sie war gekommen, um einen reparierten Anhänger in einem kleinen Juweliergeschäft im zweiten Stock abzuholen.

Dieser Anhänger war eines der wenigen Gegenstände, die sie seit ihrer Kindheit besessen hatte.

Eine kleine goldene Kette.

Ein rundes, leicht gestreiftes Medaillon.

Im Inneren befinden sich zwei gravierte Buchstaben:

D.M.

Dany war sich immer nicht bewusst gewesen, was sie wirklich bedeuteten.

Die Frau, die sie großgezogen hatte, sagte ihr, dass die Initialen ihren Namen symbolisierten.

Dany Moreau.

Aber irgendetwas an dieser Erklärung schien ihm immer unvollständig.

Sie war in mehreren Pflegefamilien aufgewachsen, bevor sie im Alter von neun Jahren von Jeanne und Pierre Moreau, einem diskreten Paar, das in Montreuil lebte, adoptiert wurde.

Sie hatten ihm Stabilität gegeben.

Ein Schlafzimmer.

Eine Schule.

Abends werden Mahlzeiten zubereitet.

Zuneigung, auch wenn Jeanne selten ihre Gefühle zeigte.

Dany liebte sie.

Doch seit Pierres Tod zwei Jahre zuvor hatte sie begonnen, mehr Fragen zu seiner Herkunft zu stellen.

Jeanne vermied das Thema immer.

“Manche Wunden heilen nicht, wenn sie geöffnet werden”, sagte sie.

Dany verstand diese Angst nicht.

An diesem Tag hatte der Juwelier den Verschluss der Kette ersetzt und das Medaillon gereinigt.

Als er den Laden verließ, hatte Dany ihn in eine Papiertüte mit einigen Dokumenten, einem Portemonnaie, einer kleinen Schachtel mit einer zweiten Kette und einem alten Foto verstaut.

Sie ging nun in den Erdgeschoss.

Die Leute freuten sich darauf.

Einige warteten darauf, dass es vorüberging.

Andere seufzten.

Ein Mann in Eile streifte eine seiner Krücken, ohne sich zu entschuldigen.

Dany s’arrêta un instant près de la rambarde.

Sa jambe lui faisait mal.

Elle avait pris ses médicaments, mais la douleur revenait dès qu’elle marchait trop longtemps.

Elle inspira profondément.

Encore quelques mètres.

Puis elle pourrait sortir, prendre un taxi et rentrer.

De l’autre côté de l’atrium, Vanessa Dubois venait de quitter une boutique de vêtements.

Elle avait trente ans, de longs cheveux bruns et une robe noire près du corps. Ses talons résonnaient sur le marbre. Dans sa main, elle portait un sac brillant contenant une veste dont le prix aurait payé plusieurs mois de loyer à Dany.

Vanessa attirait les regards.

Elle le savait.

Elle avançait avec cette confiance particulière des personnes habituées à être servies.

Deux amies l’accompagnaient.

Elles riaient à propos d’un dîner organisé le soir même dans un hôtel particulier.

Vanessa s’arrêta en apercevant Dany.

Son expression changea légèrement.

Elle connaissait ce visage.

Pas personnellement.

Mais elle avait déjà vu Dany devant le cabinet d’un avocat quelques semaines auparavant.

Dany ne l’avait pas remarquée.

Vanessa, elle, savait très bien pourquoi la jeune femme s’était rendue là-bas.

Une succession.

Un dossier ancien.

Un nom qui n’aurait jamais dû réapparaître.

Vanessa regarda le sac en papier que Dany tenait au poignet.

Elle aperçut le logo de la bijouterie.

Son sourire disparut.

— Vanessa ? demanda l’une de ses amies. Tu viens ?

Vanessa ne répondit pas.

Dany reprit sa marche.

Elle passa près d’elle.

Vanessa baissa les yeux vers la béquille gauche.

Puis elle tendit discrètement le pied.

Le bout de sa chaussure heurta le caoutchouc de la béquille.

Dany perdit immédiatement l’équilibre.

Elle tenta de se rattraper.

Sa main glissa.

La béquille tomba.

Son corps bascula lourdement sur le côté.

Son épaule heurta le marbre.

Le sac en papier s’ouvrit.

Son portefeuille, ses documents, la boîte et les deux chaînes roulèrent sur le sol.

La photographie glissa jusqu’au pied d’un banc.

Un cri parcourut l’atrium.

Plusieurs personnes s’arrêtèrent.

Une femme porta la main à sa bouche.

Un adolescent leva son téléphone.

Dany resta quelques secondes sans bouger.

La douleur traversait sa hanche.

Elle serra les dents pour ne pas crier.

Vanessa la regarda de haut.

Aucune compassion n’apparut dans ses yeux.

— Regarde où tu rampes, dit-elle froidement.

Une des amies de Vanessa eut un rire nerveux.

L’autre détourna le regard.

Dany releva la tête.

— Vous avez fait exprès.

— Pardon ?

— Vous avez frappé ma béquille.

Vanessa croisa les bras.

— Tu devrais apprendre à marcher avant d’accuser les gens.

Autour d’elles, les témoins restaient silencieux.

Beaucoup avaient vu le geste.

Mais personne ne voulait intervenir.

Dany tenta de se redresser seule.

Sa jambe refusa de la soutenir.

Elle retomba.

L’humiliation fut presque plus forte que la douleur.

À quelques mètres de là, un homme venait d’entrer dans le hall.

Daniel Moreau avait quarante-cinq ans.

Il portait une vieille veste en cuir noir, un jean sombre et des chaussures marquées par le temps. Ses cheveux noirs étaient traversés de mèches grises. Son visage portait plusieurs cicatrices discrètes.