Le lanceur vedette hocha la tête, salua d’un signe de main le vieux Thomas, puis se dirigea d’un pas décidé vers la sortie menant directement au terrain illuminé.

Le haut-parleur du stade annonça soudain les compositions d’équipe pour la rencontre du soir.

La voix tonitruante du speaker résonna à travers tout le complexe sportif :

« Et maintenant, pour les Capitales de Bay City, votre lanceur partant, numéro 45… Waaaade Meeeeercer ! »

Une clameur assourdissante s’éleva des gradins, un rugissement de joie et d’attente pure poussé par des dizaines de milliers de gorges enflammées.

Dans l’ombre fraîche du tunnel de service, André Wilson écouta le grondement de la foule.

Il ne se sentait plus tout à fait comme le simple garçon de balle invisible qu’on bousculait sans y penser.

Il tenait fermement sa clé dans sa main, sentant sous ses doigts le pouls mécanique d’un monde qui fonctionnait enfin droit.

Il posa l’outil sur l’établi, prit son seau de balles fraîchement frottées et reprit le chemin du terrain.

La saison était encore longue, les matchs s’enchaîneraient avec leur lot de victoires et de défaites, mais une chose était désormais certaine pour le jeune homme :

Plus jamais personne ne déciderait de ce qu’il valait simplement en regardant la couleur de son uniforme.